Bonjour à tous,
Une petite pause avec l'A.W.A. pour vous parler de mes occupations nocturnes du début de semaine.
Je profite en général que ma chère et tendre parte se cultiver au théâtre, pour de mon côté me cultiver aussi avec mon frangin.
Et en ce moment on joue à Earthbound, petit chef d'oeuvre méconnu de la Super Nes.
Earthbound, second épisode de la saga japonaise Mother est un RPG des plus classiques dans la forme mais qui révèle une incroyable richesse scénaristique sous ses dehors de game simpliste.
Vous y incarnez Ness, un petit bonhomme d'approximativement 8 ans qui ressemble à peu près à ça :

Les initiés auront reconnu ce personnage jouable dans la série Smash Bros, soit dit en passant.
Vous dirigerez donc ce petit gaminou au travers de villes au look Playmobil et l'emmènerez lutter contre des hordes sauvages d'extra-terrestres qui ne ressemblent pas à grand chose. Certes, jusque là tout va bien, vous êtes en terrain connu.
Mais comme je vous l'ai dit un peu plus tôt Earthbound est différent des autres jeux. Il appartient en fait au genre très particulier de jeux chers aux productions Ape/Love-de-lic et consorts à savoir le Metagaming, genre qui se propose de réfléchir sur les fondements des jeux de rôle sur console. La définition que j'emploie est très réductrice et je vous renvoie à une entrée Wiki plus précise si vous souhaitez approfondir le concept.
En gros, dans Earthbound, la notion de Metagame s'inscrit par le biais de quelques touches absurdes et humoristiques concernant le déroulement du scénario et de son gameplay. Quelques petits exemples :
- Votre héros, Ness, n'est pas orphelin, et ses parents tiennent une place importante dans l'aventure. Vous aurez l'occasion de les appeler plusieurs fois au cours de votre périple; et ils se révèlent relativement irresponsables en vous laissant cavaler tard le soir.
- Vous ne gagnez pas d'argent lors de vos combats contre les monstres. Vous obtenez de l'argent par le biais de votre cher papa qui crédite votre compte bancaire dès que vous lui téléphonez au cours de l'aventure.
- Pour utiliser l'argent de votre compte, il vous faut le retirer sur une ATM de magasin avec une carte prévue à cet effet. Il est aussi important de garder vos économies sur le compte, car vous perdez l'argent en poche en cas de défaite après un combat.
- Votre héros ne tombe pas empoisonné comme dans la plupart des RPGS. Il peut par contre s'enrhumer et chaque éternuement lui coutera quelques points de vie jusqu'à ce qu'il utilise un remède approprié.
- Lorsque vous commencez à vous éloingner trop de la maison de vos parents, votre héros perd sa motivation au combat, rate ses attaques, se régénère moins bien. Bref il se retrouve, je cite "homesick" et peut déprimer jusqu'à ce que vous décidiez d'aller téléphoner à maman.
Ceci ne sont que quelques idées parmi tant d'autres. Pour les personnes peu aguerries au genre du RPG, cela peut sembler futile, mais je vous assure que quand on a plié une pétée de RPGS avec boules de feu, healings, dragons en tous genres, levels et castes de sorcier, ces quelques détails sont complètement déroutants et extrêmement rafraîchissants. Encore une fois, c'est ce genre d'initiative qui me fait aimer les jeux vidéos comme oeuvre à part entière, au même titre que la littérature ou le cinéma. L'écriture est un facteur décidément crucial dans la conception d'un jeu et on ne m'enlèvera pas de l'idée qu'émotionellement parlant, un coup de fil à maman est bien plus efficace qu'un arrachage de tripes sur une harpie possèdée.
Je dédicace cette note à Cliff Bleszinski, Itakagi ainsi qu'à toute la nouvelle génération de Game Designers qui semble ne jamais avoir compris ça.
Gros bisous.